Mardi 7 octobre 2008















J'te présente Odile Doe, t'es sympa, tu dis bonjour.

Odile Doe, elle a pas de père, c'est pour ça qu'on l'appelle Doe.

Elle a grandi dans une cité où qu'c'est qu'y avait que des immeubles et des carrés de pelouse aussi touffus qu'une paire de jambes après une séance de bandes froides.

Dans la cour, quand elle trimballait ses Barbies et ses Petits Poneys dans la litière qu'était le bac à sable, elle s'imaginait sur la plage de Copacabana avec pleins de mecs en short qui lui proposaient des cocktails avec de la grenadine dedans, et ça lui tenait chaud dans son petit coeur sans père.

Elle esquivait comme elle pouvait les seringues en s'imaginant qu'on pouvait s'injecter un tas de produits fabuleux qui rendaient beau et riche. Maintenant qu'on parle de botox et d'acide hyaluronique, elle se dit qu'elle était fashion, mine de rien, un peu visionnaire.

Faut pas croire c'qu'on dit, Odile Doe, c'est une fûtée. Direct la meuf, elle a comprit qu'il y a pas que la beauté qui compte, y'a surtout l'art de tailler des pipes. Un jour, au bibliobus, elle a trouvé Lol y Ta et elle l'a lu en une semaine. Peut-être même qu'elle l'aurait lu plus vite si elle n'avait pas eu la fâcheuse tendance d'écouter religieusement Doc et Difool. Après ça, elle s'est tapée l'intégrale de Boris Vian et puis aussi Charlotte Brontë, mais ya aucun rapport.

Odile Doe, c'est une sacrée ambitieuse. Quand elle était petite, elle pensait qu'escalader l'échelle sociale ça voulait dire grimper sur le toit de l'immeuble. Et puis plus tard elle a compris ce que ça voulait vraiment dire, elle a surtout compris qu'avec sa touche, valait mieux pas trop s'en promettre.

Alors elle a prit ses doigts et elle s'est dit qu'il fallait en faire un truc concret. Bah connement, elle a fait un cap esthéticienne. Et puis elle s'est dit qu'il fallait pas s'arrêter là et elle a prit l'uvé manucure.

Un jour qu'elle était en train de fumer devant une fac ( elle aimait bien faire ça parce que ça lui faisait se sentir spéciale dans son p'tit coeur ) elle a rencontré Bernard-Henri Seagal qui parlait de Jean-Paul Starck. Bernard-Henri Seagal, il disait que la Catin Obséquieuse, c'était un genre de révolution chez les ménagères qui savent lire en plus d'astiquer les meubles. Odile Doe, ça a chamboulé son intérieur du crâne et pour faire genre elle a dit:

"Qu'est-ce qu'il y connait aux femmes d'abord, Jean-Paul Starck? C'était rien qu'une pleureuse qui se mouchait dans les jupes de sa mère!". Bernard-Henri Seagal, il a répondu: "Chez toi ou chinois?"

De cet échange est né 48h d'une fulgurante passion et mine de rien, ça a fait réfléchir Odile.

Elle s'est dit qu'il était grand temps qu'elle exploite la matière formidable qu'elle a dans son intérieur du crâne.

Et ainsi, elle réussi à intégrer le détachement des Vipères Oxydées. Faut dire aussi que quand tu couches, t'arrives vite au sommet.

Odile Doe, elle va te parler de la vie, elle va te parler du sexe et elle va te parler de l'art délicat de l'insulte. Peut-être même qu'elle te dira si c'est un bon coup, Bernard-Henri Seagal.

Big up d'ailleurs pour BHS pour avoir pondu un portrait aussi fidèle et criant de vérité, et aussi pour m'avoir fait plus mince que je ne le suis. Gentleman...

 

Par Odile Doe - Publié dans : Venin porte quoi - Communauté : communauté de l'âne Ô
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